A la sortie de la projection du film au Festival de Deauville, bon nombre de personnes avec qui j'ai pu discuter m'ont dit avoir ressenti un "malaise". C'est également mon sentiment et si je reconnais les qualités indéniables du film, j'aurais pourtant du mal à dire que je l'ai "aimé".
Dans "Compliance", on pense bien évidemment à la fameuse expérience de Milgram menée dans les années 1960 où l'on cherchait à évaluer le degré d'obéissance d'un individu devant une autorité qu'il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l'autorité,Ici donc, la gérante de fast-food Sandra va se soumettre aux ordres d'un homme qui prétend appartenir au service de police local, d'abord avec réticence et soupçon avant de sombrer petit à petit dans un aveuglement quasi-total. Et c'est bien ce crescendo qui fait tout l'enjeu du film. Le film est une véritable expérience de spectateur et j'avoue ne pas avoir bien su à quel moment j'aurais finalement décidé de mettre un terme à cette mascarade. C'est effrayant et l'excellente partition des comédiennes Ann Dowd et Drema Walker sert parfaitement ce huis-clos que je soupçonnais (à tort) d'avoir déjà été porté au théâtre.
Pour autant, la limite du film réside dans l'appellation "inspiré de faits réels". Sans cela, la deuxième partie du film et l'issue dramatique que connait la séquestration apparaitrait complètement farfelue et inventée de toute pièce. De même, c'est un peu ce prétexte qui m'a tenu en haleine durant 1h30 et j'ai parfois eu plus le sentiment d'être devant un documentaire avec acteurs que dans un véritable film scénarisé. La dernière scène résumé parfaitement le film: on est déchiré entre la sympathie éprouvée pour le personnage de Sandra et sa naïveté de n'avoir pas su empêcher l'humiliation de sa propre employée. On ne saurait la juger, mais pourtant ...