Attention: joli succès en salle en vue pour ce premier film de Benh Zeitlin ! Encore un film que j'ai pu voir cette année au Festival de Deauville et à la sortie de la séance, il ne faisait plus l'ombre d'un doute que le film allait décrocher le Grand Prix du Jury. Et ce fut chose faite le lendemain, Sandrine Bonnaire confessant elle-même que le film avait emporté tous les suffrages parmi les membres du jury.
"Les bêtes du sud sauvage", c'est donc l'histoire d'Hushpuppy qui, alors que son père devient de plus en plus malade, part à la recherche de sa mère qui a quitté la cabane de fortune depuis un moment. Tout ceci sur fond de légendes du bayou et d'ouragan dévastateur, pas sans rappeler l'ouragan Katrina de 2008.
Enfin un film indépendant US qui justement ne respire pas le film "indé" à plein nez ! C'est beau, c'est parfois cru, c'est d'une grande poésie, c'est captivant, c'est brillamment interprété par la petite Quvenzhané Wallis et Dwight Henry dont c'est le premier film pour tous les deux. La jeune Hushpuppy est une vraie dure à cuire, plus taiseuse et sauvageonne que petite poupée bien sage. Et c'est donc là que la voix off prend tout son sens: la jeune effrontée nous laisse entrer dans son monde et nous conte ses tourments comme ses croyances sur l'univers. Cela ferait presque penser à "The Tree of life" de Malick, à des encablures cependant du discours biblico-chiant de Malick. Le réalisateur donne à voir ici un monde dans le chaos (encore un film évoquant la fin du monde, une constante depuis quelques mois) et hormis la séquence de l'hopital, tout semble sans dessus-dessous, ravagé. La photo est superbe et la splendeur des images m'a, à plusieurs reprises, donné quelques frissons (la scène avec les aurochs par exemple : saisissante !). Alors si on ajoute à celà le fait que c'est le tout premier film de son réalisateur Benh Zeitlin : n'en jetez-plus, la coupe est pleine !
Un de ses films qui vous habite longtemps encore après la séance.